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Que vaut Mountain Lion, le nouveau ne d’Apple ?

Temps de lecture : 6 minutes

Une fois n’est pas coutume, Cupertino n’a pas fait tout un tapage de la naissance de son petit dernier (annoncé pour cet été, mais déjà accessible en test aux possesseurs de comptes développeur). Pourtant il semblerait bien que l’on assiste à une petite révolution…

Convergence, integration et synchronisation.

Disons-le tout de suite, ML ne vous enflammera pas si vous n’êtes pas déjà propriétaire d’un iPad ou d’un iPhone. En effet, la raison d’être de ce système est la convergence avec iOS. Rien de bien nouveau en soi car cette logique était déjà amorcée avec Lion. Mais là où l’on avait l’impression de vivre une transition et d’essuyer les plâtres, le principe semble désormais mûr et abouti.

Comme un halo de marketing



Il est clair que sur le plan commercial, Apple souhaite jouer au maximum sur le fameux effet « halo ». C’est ce phénomène qui incite les nombreux clients d’iOs au basculement vers le Mac, convaincu de déjà maitriser l’écosystème Apple.

Inutile de dire que les détracteurs d’Apple, les Norman en herbe et autres adeptes de la théorie du complot marketing trouveront là du grain à moudre…

Concretement, quoi de neuf ?


Eh bien concrètement, on voit apparaître sur son Mac les applications qu’on aime sur son iPhone/iPad le tout synchronisé par iCloud.

C’est le cas de Notes qui prend son indépendance (autrefois intégré à Mail), de Rappels (Reminders en anglais) qui apparaît sur votre bureau, de Messages (déjà disponible en Bêta pour les utilisateurs de Lion) qui remplace iChat et permet de centraliser toutes ses messageries instantanées comme Google Talk. Mais qui est surtout l’équivalent de iMessage sur iOS et permet d’envoyer des SMS gratuits vers n’importe quel autre Mac, iPhone, iPod Touch ou iPad.

Apparaît aussi un centre de notification équivalent à celui d’iOS  (et inspiré de Growl) qui vous envoie une alerte sur le bureau lorsque vous recevez un mail ou qu’un évènement de votre calendrier arrive à son terme.

A noter aussi l’apparition de Gatekeeper, sorte d’antivirus pour les applications, de airplay miror pour basculer son bureau sur le téléviseur (à condition de posséder une Apple TV), de l’intégration de Twitter en local dans les applications pour partager une page ou un document, les lifting de iCal et Carnet d’adresse qui deviennent respectivement Calendrier et Contacts et l’apparition du Game Center Mac.

Vers la disparition du fichier ?


 

Cette logique de convergence s’applique aussi aux documents : jusque là avec Lion pour ouvrir un doc crée sur Mac depuis son iDevice, il fallait le transférer manuellement depuis son Finder vers icloud.com et le re-transférer après chaque modification pour qu’il reste à jour. Et inversement si l’on créait ou modifiait un doc depuis son iDevice, il fallait l’uploader depuis icloud.com pour l’ouvrir sur son Mac… Bref on était loin de la fameuse « expérience utilisateur » si chère à Apple. Et on avait vite fait de revenir à Dropbox.

Tout cela appartient (presque) au passé. Avec ML la synchronisation sur le cloud est automatique. Lorsque vous enregistrez un fichier supporté, votre Mac vous demande si vous souhaitez l’enregistrer en local ou en ligne. Si vous choisissez le cloud, chaque fois que vous le modifiez, les changements s’appliquent automatiquement en push.

On assiste donc à une logique de disparition du fichier : plus de traces sur le disque, tout est en ligne. Et surtout le fichier n’est plus stocké via une arborescence de dossiers mais s’ouvre directement depuis l’application comme avec iWork sur iPad/iPhone. C’est ce phénomène qui cristallise aujourd’hui le plus les critiques des ultras, des « power users » Mac qui craignent l’émergence d’un système fermé sur Mac semblable à iOS.

Outre que le danger semble plutôt à notre sens venir du Mac App Store on répliquera qu’Apple quoiqu’on en dise à toujours été à la pointe du changement et que ceux qui critiquent aujourd’hui ressemblent fort à ceux qui critiquaient la souris ou l’interface graphique à l’époque où la firme de Cupertino les imposait. Nul doute que le futur donnera raison à la Pomme.

Avec Moutain Lion, Safari sort de la brousse ?


Inutile de dire que Safari n’est plus vraiment ce qu’il était. Si il y a quelques années un nouveau Mac user tel que votre serviteur découvrait ce navigateur avec ravissement et s’empressait d’oublier IE, aujourd’hui face à Firefox et surtout Chrome (dont je suis l’un des prosélytes les plus acharnés) il faut admettre que Safa a pris un sacré coup de vieux. Mais ML prévoit un lifting et notamment l’intégration d’une Omnibar (comme sur Chrome). Sera-ce suffisant ? Toujours est-il que la synchronisation des onglets, des signets et des listes de lecture (déjà d’actualité pour les deux derniers) pourront inciter les moutons à revenir dans le giron de la bergerie californienne.

Dans ma petite vie à moi de tous les jours, en quoi donc est-ce que c’est chouette ?



Une petite mise en situation s’impose pour comprendre tout l’intérêt que représente le cloud au quotidien. Imaginons : je suis au boulot (j’ai dit imaginons) je lit un article sur le Safari de mon iMac et prend des notes pour en faire un article sur le blog de l’ami Odi Tibo tout en commençant la rédaction de cet article sur Pages. Puis je quitte mon travail et rentre chez moi. Pendant le trajet dans le métro, je poursuis la lecture de mon article, profitant de la synchronisation de mes onglets ouverts et reprend ma note là où je l’ai laissé. Arrivé chez moi je m’empare de mon iPad (l’imagination rend riche on vous dit) une et, confortablement installé sur mon canapé, je poursuis ma rédaction sans avoir rien d’autre à faire que d’ouvrir Pages. Bien sûr je projette mon écran sur ma télé par le biais de l’Apple TV (hé oui) histoire d’avoir une bonne surface de travail. Le temps d’un aller-retour aux toilettes je termine sur mon iPod (un dernier effort d’imagination) une partie d’Angry Bird – discrètement entamée au travail – grâce au Game Center. Puis j’ouvre mon MacBook Air avec lequel je mets mon article en ligne au moment où un rappel programmé depuis mon iPhone m’informe qu’il est l’heure de regarder mon émission sur l’émergence de la contre-culture néo-underground est-berlinoise, car je suis indubitablement un sacré bobo. Voilà en gros à quoi devait ressembler un fantasme de feu Papa Steve (zut j’étais à deux doigts de l’exploit : écrire un article sur Apple sans parler de Jobs !) à moins que ce ne soit le script de la prochaine publicité Apple…

Faut-il-tout racheter ?

 

 

ML sera-t-il une simple mise-à-jour ou, ce qui est plus probable un système considéré comme distinct par Apple. Dans ce cas sera-t-il proposé à 25€ comme son prédécesseur ? Certes ça ne reste pas cher, mais sur le principe acheter deux OS en moins d’un an, c’est un peu fort de café.

D’autre part, les applications iWork (Pages/Keynote/Numbers) vont devoir évoluer pour s’adapter à la synchro iCloud. Faudra-t-ilnécessairement acheter iWork 12 ? Qu’en est-il des applis Microsoft Office ? Seront-elles mises à jour ?

D’autre part des questions restent en suspend : pourquoi n’a-t-on toujours pas de nouvelles de iBooks sur Mac, grand absent de la convergence OS/iOs ? A quand Siri sur Mac ? Et Retina ? iOS6 prendra-t-il en charge Version ? Steve Jobs est-il mon père ?

La guerre est declaree.



Chacun se fera son opinion sur ce nouveau système quoiqu’il en soit il ne paraît pas exagéré de dire que nous assistons à une nouvelle phase de l’histoire de l’informatique : l’émergence du cloud et la convergence entre les terminaux mobiles et  fixes.

Une phase d’autant plus intéressante qu’elle marque un croisement, chaque acteur développant sa propre philosophie. Là où Microsoft choisi avec Windows 8 de rendre le PC compatible aux Smartphones et tablettes en implémentant directement son (très remarquable) système mobile sur PC, (utilisable en option avec une interface classique), Mac choisit une approche parallèle : chaque appareil est une déclinaison du même éco-système et tous sont subordonnés au cloud. Quant à Google, le troisième homme, certaines rumeurs évoquent la convergence voire la fusion de Chrome OS et d’Android. Mais cela serait l’occasion d’un prochain article.

 

 

Tribute to Drive

Le triomphe de The Artist – OSCARS 2012